Enfants-rois et familles monoparentales: À qui la faute?

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Qui mène chez vous? Est-ce vous? Votre conjoint? Les enfants? Ou est-ce un heureux mélange de compromis de tous, comme nous le voudrions idéalement? Chose certaine, il n’est pas facile de faire l’équilibre du pouvoir parfaitement.

D’autant plus que qui dit « famille reconstituée » ou « parents de famille monoparentale » dit avoir à négocier aussi avec l’ex-conjoint et ses règles en garde partagée. Et les règles du « nouveau » conjoint et ses enfants qui arrivent dans le décor.

Comment se faire respecter? Surtout, comment faire respecter auprès de notre enfant les règles de comportements et de valeurs qui nous tiennent à cœur? Sans pour le moins brimer les autres membres de la famille. Comment ne pas se retrouver avec ce qu’on surnomme le « syndrome de l’enfant-roi»? Parce qu’il est facile de tomber dans le piège de la compétition. « Qui est le plus gentil de mes deux parents? »

Par exemple:

  • Nous passons tout notre temps libre avec notre enfant.
  • Nous lui achetons tout ce qu’il veut et même des articles qu’il ne veut pas ou ne demande pas.
  • Nous donnons et demandons de l’affection de façon exagérée.
  • Nous faisons passer les besoins de notre enfant systématiquement avant les nôtres.
  • Nous dormons dans le même lit que notre enfant de façon exagérée.
  • Nous négligeons de discipliner notre enfant de peur qu’il préfère l’autre parent.

Au bout du compte, les raisons de cette surcompensation peuvent être multiples. Pour « protéger » l’enfant de notre nouveau conjoint et de ses règles. Ou pour tenter d’amoindrir les séquelles d’une séparation et gagner la compétition du « plus aimé » entre notre ex-conjoint et nous. Mais l’enfant n’y gagne jamais. À part peut-être la gratification immédiate d’obtenir tout ce qu’il veut sans trop savoir pourquoi ou comment il l’a eu. Et notre enfant se retrouve à associer, au niveau subconscient, que cadeau = amour.

Quoi qu’il en soit, l’important pour vous est de prendre conscience de votre comportement et de vous poser légitimement les questions suivantes: « Est-ce que je pose tel ou tel geste pour me déculpabiliser? Ou est-ce que je le fais de manière exagérée? » « Est-ce que je fais telle action dans le simple but de me faire aimer plus par mon enfant? Ou encore, est-ce que je fais cela pour faire oublier à mon enfant les douleurs de la séparation? » La ligne est nuancée et mince. « Est-ce qu’il s’agit de se payer une petite traite à l’occasion pour se remonter le moral ou de faire de la surcompensation émotive par des biens matériels? »… À vous d’y penser.

Nous savons tous que les enfants veulent simplement passer du temps de qualité avec nous. Pas tant en quantité qu’en qualité. Je vous concède qu’il n’est pas facile de ne pas répondre « cadeau pour cadeau » à l’ex-conjoint. Ou même initier soi-même la compétition de « l’amour » de notre enfant. Surtout quand les deux sont en bataille pour la garde.

Cependant, votre enfant n’a pas à vous aimer chaque minute de chaque jour. Il a aussi à découvrir ce qu’est la déception de se faire dire non. Apprenez-lui qu’une personne peut être jugée sur comment elle agit plutôt que sur ce qu’elle possède.

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