La gestion du temps

Je vois régulièrement des parents perdre patience avec leurs enfants. Cela nous arrive à tous, n’est-ce pas? « Papa, regarde mon nouveau jeu! » « Papa, regarde ce que je peux faire avec un élastique. » « Veux-tu m’acheter ça? » Papa par-ci, maman par-là! Et vient un moment où nous répondons d’un ton ferme et sans équivoque: « Écoute, ma chérie, je suis occupé. Va jouer dans ta chambre et je te parlerai tantôt. »

À l’inverse, quand notre enfant n’est pas souvent avec nous, nous nous ennuyons. Nous ne le voyons pas assez, trouvons-nous. Nous pensons à lui. Nous voulons lui téléphoner quand il est chez ses grands-parents ou quand il est chez notre ex, son parent. Pour négocier avec ce phénomène et idéalement le contrer, il faut d’abord en prendre conscience. Réaliser que nous
sommes victimes d’une sorte d’insatisfaction chronique. En quelque sorte de « vouloir ce que nous n’avons pas ». À partir du moment où nous en prenons conscience, nous pouvons nous arrêter et commencer la déprogrammation.

Par exemple, quand nos filles sont chez leurs autres parents respectifs, ma femme et moi nous efforçons de nous rappeler toutes les fois où elles nous demandaient exagérément de l’attention, alors que nous aurions préféré avoir un peu de temps à nous. Inversement, quand nos filles sont avec nous et nous demandent beaucoup d’attention ou font des petites (ou des grosses) crises, nous nous efforçons, à ces moments précis, de nous rappeler une fois (ou plusieurs) où elles nous manquaient terriblement.

Cela peut paraître simple comme principe, mais il n’est pas si simple à appliquer. Il demande beaucoup de pratique et nous aide à prendre conscience que, trop facilement, nous pouvons nous mettre dans une position d’insatisfaction continue quand nous sommes avec nos enfants.

Ma fille me manquait beaucoup lorsqu’elle n’était pas avec moi. Même si elle passe la majorité de son temps avec moi, puisque j’en ai la garde, je souhaitais qu’elle passe tout son temps avec moi. Elle partait pour visiter sa mère un week-end sur deux et je me surprenais à devenir mélancolique et à rêver du temps que « j’aurais pu » passer avec elle plutôt que de profiter de
cette pause. À l’opposé, quand elle revenait, je la trouvais accaparante, et je dois franchement vous avouer qu’à quelques occasions ce n’était qu’une heure à peine après son arrivée.

Je me suis donc « programmé » à prendre conscience de cet état d’âme. Et chaque fois que je commençais à sentir sa présence un tantinet « pesante », je me rappelais une ou plusieurs fois où elle me manquait terriblement. À ce moment, j’arrêtais ce que je faisais et je lui proposais une activité à faire ensemble. Ou je m’intéressais à ce dont elle voulait me parler.

À l’opposé, à tout moment où je m’ennuyais d’elle, en voiture, à la maison ou chez des amis, je portais mon attention sur toutes les fois où j’aurais souhaité qu’elle me laisse en paix. Je me disais que j’avais cette paix en ce moment.

Apprendre à se responsabiliser vis-à-vis ses états d’âme est un excellent premier pas, au lieu de continuellement se plaindre d’une situation qui n’est pas exactement comme nous le voudrions. Il revient à chacun de nous d’apprécier les moments que nous vivons, qu’ils soient bons ou mauvais. Les mauvais moments ou ceux plus difficiles ne font que nous faire apprécier d’autant les bons moments. Si nous n’avions que des moments exactement comme nous les voulons, nous nous ennuierions à mourir et je vous garantis que nous réussirions à nous lasser ou, pire, à nous plaindre. Encore!

Extrait de la série de livres: Tout pour réussir de Yannick Therrien

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